La Recluse d'Odette Laplaze-Estorgues, la critique
25/9/2008
Bon. Ben ça c'est fait. J'ai enfin terminé ce livre pourtant court. C'était une question d'honneur.
Ce livre m'a été prêté par des amis et Odette Laplaze-Estorgues est une de leurs amis. Ils m'avaient prévenu: "c'est vraiment très bien écrit, elle emploie beaucoup de mots que je ne connaissais pas et donc c'est difficile à lire." Mais surtout "C'est vraiment très très noir comme bouquin..." Je ne peux que confirmer...
Donc pour commencer, ce livre ne s'adresse pas au commun des mortels. Autant j'essaie d'écrire des textes accessibles à tout le monde, de créer des ponts entre élite intellectuelle et petit peuple, d'ouvrir le champ de la littérature à tout le monde, autant ce livre est élitiste et... franchement rebutant voire écoeurant pour quelqu'un qui ne dispose pas d'un lexique étendu. Si vous n'êtes pas un littéraire, si vous voulez vous mettre à la lecture, ne commencez surtout pas avec La Recluse!
Ce genre de bouquin a sa place dans le monde littéraire. Il en faut pour tout le monde, y compris pour les élites. Ca permet d'accroitre son niveau de langue, une fois qu'on a passé le stade de l'initiation. Seulement c'est pas spécialement ma tasse de thé. Je suis trop tourné vers le prolo pour ça. Là ça pue le prof de français à plein nez. Peut-on critiquer un amour de la langue tel que celui ci? Non.
Ca c'était pour la forme. En ce qui concerne le sujet, "noir", ça ne me semble pas très juste. Ce livre n'est pas "noir", il est franchement glauque et même extrêmement malsain. Odette nous raconte l'histoire de la recluse, une fille qui a couché avec un allemand et qui a donc été tondue et humiliée à la libération. Il en résulte qu'elle en éprouve un profond dégoût de la société et décide, aidée par ses parents, de s'enfermer dans sa chambre et dans le mutisme. Elle est une honte, alors on la cache. Le temps passe, les parents crèvent l'un après l'autre, puis l'un des deux frères... 40 années de réclusion, de phobie sociale, de démence, de survie...
Forcément, fatalement, on commence par se faire c***r terrible. Ben oui, déjà, il faut se faire au style, au lexique tout ça, mais en plus, l'histoire d'une fille qui se retrouve enfermée et qui parle pas... Génial... Les tondues de la libération, en ce qui me concerne, je connaissais déjà, et plutôt bien. Alors me faire un cours là-dessus et me démontrer les effets dévastateurs de la chose, c'était pas franchement nécessaire. En parallèle, on a l'histoire d'une nunuche qui part sur les traces d'Estelle Boulay, la recluse de montaignant, et qui s'identifie à elle, avec forces états d'âmes... Alors oui, on se fait c***r pendant la première moitié du bouquin, qui, heureusement, fait moins de 300 pages.
Et puis l'auteur a du s'en rendre compte en écrivant. Alors d'un coup, d'un seul, ça part dans le racolage actif. Le petit frère se barre pour ses études à Clermont-ferrand et là-bas il découvre le sexe entre les mains expertes d'une p**e immonde. Et à partir de là, ça part dans le super glauque, l'inceste, le trash, l'écoeurant, jusqu'à la scatophilie... et toujours l'identification du narrateur à son personnage. Berk berk berk!
Ca me rappelle la couverture de La Bible des sales blagues, livre un, où on peut voir un peintre devant sa toile représentant un étron fumant et bien enroulé, et derrière lui une critique bourgeoise disant "c'est vraiment de la merde".
Le sentiment pendant et au sortir de ce bouquin, c'est que je me sens trop con. Ce bouquin est tellement bien écrit que je me dis que quelque chose doit m'échapper, qu'il est issu d'une élite dont je ne fais pas partie; trop complexe pour moi quoi. Ou alors ce bouquin est simplement mauvais, de mauvais goût et mal tourné. Ou alors le but était simplement de foutre le lecteur mal à l'aise. Dans tous les cas, hormis pour le niveau de langue, je n'ai rien tiré de positif de cette lecture. Je reste sceptique. Je cherche, réfléchis, m'interroge mais sans jamais avancer, sans réponse, sans début de réponse.
Peut-être que certains d'entre vous liront ce bouquin et que vous me direz que je suis totalement passé à côté, je le souhaite en tous cas.
Mais je ne sais pas si je dois le conseiller ou le bannir définitivement...
Sinon désolé pour le manque d'activité sur ce blog mais je déménage samedi donc forcément beaucoup de choses en tête et à faire. Et évidemment à partir de samedi il me faudra un certain temps avant de récupérer Internet. D'ici là je vais essayer de vous mettre un sommaire pour le blog avec des liens directs pour vous balader d'un article à l'autre tranquillement. Le tout est que je trouve le temps de faire ça...
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Critiques