Les ASSEDIC et l'ANPE
17/8/2008
Le sud (suite).. |
Page d'accueil
| Différent, comme tout le monde: la..

Allez! Pour changer de ces magnifiques photos de vacances, on va parler de ce qu'on appelle la "dure réalité"!
En effet, depuis le 30 juin, je suis au chômage, mon CDD d'animateur multimédia s'étant terminé. Mais je ne suis OFFICIELLEMENT au chômage que depuis le 08 août. Ben oui parce qu'il y a une différence entre un chômeur officiel et un chômeur non officiel. Le chômeur officiel coûte de l'argent et pose un gros problème au gouvernement, le chômeur non officiel il peut crever...
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour être passé du côté officiel de la force me direz-vous? Pas ma faute! J'ai du attendre d'avoir l'attestation ASSEDIC fournie par mon employeur et j'ai également attendu d'avoir mon solde de tout compte. Je me suis occupé de diverses paperasses et puis, après une bonne semaine, je me suis rendu au bureau ASSEDIC le plus proche de chez moi... comme tout bon newbie (débutant) qui se respecte. Pourquoi newbie? Hé bien tout simplement parce que j'arrive là -bas avec le grand sourire du mec motivé et en règle, sous le bras tous mes papiers, histoire de régler ça très vite. Je patiente donc un quart d'heure, tranquillement, avant de m'adresser à l'agent d'accueil, très souriante. Je lui explique ma situation et très vite elle coupe court: "Pour vous inscrire, vous pouvez soit téléphoner, soit faire par Internet, si vous voulez vous avez une cabine téléphonique juste derrière vous..." Je pense qu'il a du s'écouler un certain temps avant que je ne réagisse. J'avais envie de lui dire "Mais pourquoi vous voulez que je vous téléphone? Youhou! Je suis là ! Vous aussi... J'ai tout sous la main... Ca peut être réglé très vite..." Je suis une petite pute je ne l'ai pas fait. Faut dire que j'étais sur le cul. Je repensais au sketch de Dany Boon, où il parle de son ami parisien à qui il voulait rendre visite puisqu'il passait près de chez lui et qui était tout choqué de le faire débarquer sans avoir téléphoné avant. Là c'était pire: on me présentait carrément un téléphone pour prendre rendez-vous avec une personne qui était à quelques mètres de moi...
Me dire après ça que les ASSEDIC c'est un truc humain, humanitaire, altruiste... Jamais vu une situation aussi cocace et déshumaine tout à la fois.

Je suis donc sorti de là , impressionné. Je me suis fumé une clope, je suis monté dans ma voiture, je suis rentré chez moi, et j'ai téléphoné pour prendre rendez-vous, donc! Il fallait que je me remette du choc et puis ça m'aurait semblé quand même assez bizarre de passer un coup de fil à quelqu'un qui est à quelques mètres de moi. Je téléphone, donc, et là je tombe sur un répondeur. Décidément... L'humanité ça sera pas pour aujourd'hui. Ce répondeur m'apprend que les rendez-vous téléphonique se prennent jusqu'à 16h et qu'il est désolé. Et moi donc! 16h02!!!!!!!
Je décide donc de tenter le coup par Internet, et effectivement ça marche. Je reçois par courrier, un rendez-vous pour la semaine d'après. Ok... J'y serai! Je remplis le dossier que j'ai du imprimer, comme je peux, je joins les documents qui étaient déjà prêts depuis un moment. Et je me présente au rendez-vous, légérement en retard, quoi? 2 minutes? Allez on va dire 5 minutes! Je patiente, 20 minutes. Et enfin j'arrive jusqu'à cette même bonne femme, toujours souriante, qui m'explique qu'après l'heure c'est plus l'heure et qu'il faut reprendre un autre rendez-vous. Je ne pense pas avoir dit "au revoir", je ne pense pas avoir employé une quelconque marque de politesse. Peut-être que si après tout, je ne me souviens plus et je suis quelqu'un de plutôt bien éduqué. Bref!
Je rentre donc chez moi, réfléchis: on était jeudi. Le vendredi après-midi les ASSEDIC sont fermées, en "vrai", comme au téléphone, ensuite week-end. Ca nous amenait donc à lundi minimum pour avoir un rendez-vous. Le mardi je partais en vacances. J'espérais avoir géré ça avant de partir, hé bien non, ce sera après!
Je pars donc en vacances, en essayant de pas trop penser à ces conneries. Je reviens, reprends un rendez-vous et je m'y rends avec une bonne avance cette fois-ci, au cas où j'aurais encore du mal à me trouver une place pour me garer. J'arrive dans les locaux pratiquement déserts. Je me présente à cette espèce de pouf de l'accueil que je ne peux déjà plus voir en peinture. Le ton est sec, administratif, purement administratif. Elle me dit que je suis en avance. Je fais craquer mes phalanges. Elle me fait donc patienter... pour me donner un ticket! Là non plus je comprends pas mais c'est pas grave, ça va venir, je sais que ça venir. J'obtempère donc. Je pose mes fesses pas très loin d'elle et j'attends. A l'heure pile poil de mon rendez-vous elle m'appelle et me donne un ticket avec un numéro!!!!!!! Elle pouvait pas me le donner 5 minutes plus tôt... C'était pas possible... Et ce ticket supposait que j'allais encore devoir attendre... Je reste zen. Je me réinstalle. Je respire un grand coup et j'attends. Je vois les minutes défiler. Au bout d'un quart d'heure je pense à mon précédent rendez-vous. L'envie me prend de me lever, d'aller voir ma chère agent d'accueil et de lui dire "Désolé mais après l'heure, c'est plus l'heure..." et de partir avec un grand sourire et en arborant un magnifique majeur derrière moi. Mais je ne l'ai pas fait non plus. Parce qu'il aurait fallu que je reprenne un autre rendez-vous ou que je dise adieu à des thunes dont j'ai un besoin vital. Mais je note un évident foutage de gueule. Et surtout une déshumanisation allant jusqu'à la connerie, l'absurde, le grotesque de cette merdique administration.
Après 20 minutes de retard, mon numéro sort enfin. J'entre donc dans le bureau en tâchant de faire abstraction de tout ça. Je réponds à des questions, j'attends que la madame remplisse les cases sur son ordinateur. Elle me parle de son nouveau programme qui est plus "carré", plus "procédurier" que l'ancien. J'avais cru comprendre... Je questionne sur la fusion UNEDIC/ANPE, perçoit colère, angoisse et consternation chez mon interlocutrice. Je me dis qu'il serait assez normal qu'elle (et surtout sa collègue de l'accueil!!!!!) soit remplacée par des ordinateurs, au vu du traitement du public. Elle me reproche de ne pas avoir déclaré un travail, plus de deux ans auparavant. Je lui explique que j'avais bossé 15 jours et que donc je n'avais évidemment droit à rien et que donc je ne me suis pas embarrassé et je ne les pas embarrassé avec ça, je me suis juste inscrit. "Ce n'est pas à vous de juger de ça". Wahou! Je n'ai même plus le droit de juger de MA propre situation! Hé oui, j'oubliais: je suis un chômeur maintenant; je ne fais plus partie de "la France qui se lève tôt", je n'ai donc pas de président de la République, je suis donc à peine français...
"- Voilà , vous êtes catégorisé comme chômeur de catégorie 1!" me dit-elle en guise de conclusion, comme si c'était une bonne nouvelle.
"- Concrêtement ça signifie que je rentre désormais dans les chiffres du chômage et que je suis donc un problème pour notre gouvernement et notre cher président, problème qu'il faudra donc règler d'une façon ou d'une autre le plus rapidement possible. C'est bien ça?"
"- Euh... Oui. C'est exactement ça."
Voilà donc comment s'est conclu mon entretien avec les ASSEDIC. J'avais rendez-vous à l'ANPE, une demie heure plus tard. Ca rigole pas. Top chrono!

L'ANPE c'est déjà autre chose. Tout dépend sur qui on tombe, mais la plupart ont vraiment envie d'aider leur public, et sont, ainsi, nettement plus humains. Là je suis tombé sur une dame fort sympathique qui m'a donné des pistes pour un éventuel boulot en piochant dans ses ressources personnelles. Elle m'a également demandé combien je voulais comme salaire de base. J'ai répondu qu'étant donné la conjoncture, je ne pouvais pas trop me permettre de faire le difficile... Et elle a répliqué "Etant donné la conjoncture, je vais mettre que vous demandez minimum 1500€ par mois parce que si vous mettez moins vous serez obligé d'accepter vraiment n'importe quel boulot, ou alors vous serez radié!".
Effectivement, on sent une rupture dans le gouvernement, là . Une vraie rupture! Depuis le 30 juin, je me sens bizarre. Je me sens plus français. Je me sens coupable de ne pas travailler, coupable de dépenser de l'argent, coupable d'être parti en vacances après 9 mois de bons et loyaux services. Je me sens comme un criminel en cavale, paranoïaque, traqué. Oui parce que définitivement, comme disent les Sales Majestés: "la chasse aux pauvres a commencé!"
J'en parlerai dans un article mais quand même, comparé aux patrons qu'on licencie pour avoir fait perdre des dizaines de millions et à qui on donne des dizaines de millions pour leur licenciement, vous n'avez pas le sentiment d'une légère injustice quelque part?
Le sud (suite).. |
Page d'accueil
| Différent, comme tout le monde: la..
Catégorie :
Critiques