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 Louise Michel, la critique

29/12/2008


Dans la vie, il faut savoir prendre des risques. Je suis un aventureux, un ouf, un dingue... alors hier on s'est tapé Louise Michel au ciné, à 8€60!
On aurait pu opter pour un film plus classique, avec plein de pognon, genre Australia, de la bonne grosse star, de l'effet spécial... Mais non! Que nenni! On a choisi du film grolandais en pleine connaissance de cause.
Alors, en gros (landais), l'histoire... C'est une certaine Louise, qu'on appelle aussi parfois Jean Pierre, qui subit un coup foireux de son entreprise qui fait un joli ptit plan social, comme ça, en douce, laissant des indemnités de misère à ses employés. Lesdites employées (parce qu'il n'y a que des femmes) se regroupent donc dans un bistro histoire de savoir ce qu'elles vont faire de leur misère. Les propositions défilent, de la pizzeria en passant par le calendrier à poil façon déesses de l'usine poilues... jusqu'à l'idée de génie de Louise! Après un vote il est donc décidé d'utiliser leurs indemnités pour payer un tueur professionnel qui devra donc se charger de leur indélicat patron.
C'est là que Michel (qu'on appelle aussi parfois Katie) entre en scène. Evidemment c'est un tueur professionnel pitoyable. Même pas foutu d'abattre un clébard. C'est ainsi qu'une improbable, délirante, pathétique odyssée va démarrer.

louise michel  - photo 3

Je peux pas dire que ce film est mauvais. Déjà parce qu'il m'a quand même bien fait marrer, avec une courte mais mémorable apparition de Poelvorde en génial paranoïaque; mais aussi parce que j'ai le sentiment que c'est moi qui suis mauvais. A force de bouffer du burger, des frites, des pates, quand on me fout de la bonne cuisine dans mon assiette, je tire une gueule de 15 mètres; pas initié quoi. Ben là c'est un peu pareil. Y a pas de cul, pratiquement pas d'effets spéciaux, pas de bombe anatomique, que du moche, du pauvre, du terne... et un long délire qui ne laisse jamais le temps de réfléchir et de comprendre qu'il faut se marrer. C'est du grand nin nin du début à la fin (l'entreprise s'appelle Nin nin et à la fin on voit un nain dans un autre nain (en plastique) se faire abattre, histoire de bien enfoncer le clou et assumer totalement le film). Il y a des longueurs aussi. Bref on peut sortir de la salle profondément écoeuré et ruiné de 8€60. Mais il y a aussi une certaine poésie, une tendresse latente qu'il faut être capable de voir. Et puis c'est un pur film de gauche, voire de gauchiste. Limite d'anarchiste (d'où la référence à Louise Michel, anarchiste notoire du XIXème siècle). Ambiance  un peu punk que je ne peux qu'aimer quoi, et puis un film qui ne glorifie pas le pognon, la beauté et tout ça... Un film d'utilité publique, quoi...

louise michel  - photo 4

Donc non je ne peux pas dire que ce film est mauvais, simplement avertir mes lecteurs qu'on n'est pas dans le tout public, le divertissement familial, qu'il faut un cerveau, une conscience, une âme et peut-être même un certain sens artistique pour apprécier ce film. C'est un film élitiste, une curiosité qui vaut le détour, si vous avez la chance d'avoir des places à tarif réduit...

Tags : Yolande Moreau Delepine Kervern Groland Louise Michel

Catégorie : Cinéma Ecrire un commentaire |

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