Ça faisait un moment que j’enentendais parler, en bien, en mal, un génie, un facho… J’étais pas franchementpressé de m’y mettre. Pour une obscure raison, ça ne m’intéressait pas. Lebattage médiatique, sans aucun doute. Quand on parle trop de quelque chose,souvent ça me rebute. J’attends que ça se calme un peu avant de me faire uneidée. Et là, ce bouquin m’est tombé dessus, comme ça, par hasard. Et il tombaitbien parce que j’étais un peu à la dèche de bouquin et quand c’est comme ça, jem’enfile tout ce qui se lit : un magazine télé, le catalogue de Sexyavenue, le dictionnaire ou même les bouquins de Dan Brown, c’est dire !
Ma première réaction à la lecture aété un soupir, et puis une succession de soupirs. En général, chez moi, ça veutsimplement dire «Qu’est-ce que c’est chiant…», et effectivement le style estpompeux, voire même méprisant. Ça pue le bourgeois désoeuvré. D’un autre côtéla littérature reste essentiellement l’apanage de cette bourgeoisie, donc jedevrais être habitué. Sauf que je sors de Welsh, là, pour me plonger là-dedans.Il faut un certain temps d’adaptation. Je suis donc resté lucide et je lui ailaissé sa chance, jusqu’au bout.
Le résultat est que je suis trèsmitigé. Pour résumer, je dirais que ce bouquin est excellent pour les sinus. Jele conseille à tous les malades qui ont le nez bouché : ça peut fairel’effet d’un grog.
Comme je l’ai dit, ce livre commencepar faire soupirer, histoire d’échauffer un peu les voies respiratoires, etpuis, l’air de rien, on y trouve des petites notes d’humour. C’est insuffisantpour arracher un éclat de rire, c’est trop pour n’arracher qu’un simplesourire, alors c’est entre les deux : on se dégage les sinus de rire.
C’est pour ça que je suis mitigéconcernant Les Particules élémentaires : tout est moyen.
On ne peut pas dire que ce soit malécrit, mais en même temps il n’y a rien de génial, rien qui arrache lescheveux. Au niveau de l’humour, ça ne tombe pas à plat mais ça fout pasfranchement de bonne humeur pour la journée. Au niveau de l’histoire, c’est àpeine intéressant. Au niveau du message, c’est juste pas con mais nihiliste à enmourir de dépression nerveuse…
L’histoire, c’est celle de deuxfrères et en même temps celle de l’occident de la fin du XXème siècle, ilsillustrent sa décadence, l’auteur va même jusqu’à pronostiquer la disparitionde l’humanité pour 2029, au profit d’une nouvelle mouture évoluée que nousallons nous même créer. Le premier frère, c’est Jean-Claude Dusse, des bronzés,le branleur fini qui se cherche sempiternellement des ouvertures, sans jamaisen trouver. Celui-là est plus intelligent, plus cultivé, il philosophe, chercheun sens à sa vie et à ses inutiles érections. Il décide de combler le vide deson existence et le non-sens de sa vie par le sexe. Evidemment, c’est un échec.Son demi-frère, c’est tout le contraire. C’est un chercheur, un scientifique, quise fout de tout, est insensible à l’amour et au plaisir. Il aurait voulu n’êtrequ’un pur esprit. Pas de bol, il a un corps aussi, et il va changer le monde…
Le second frère, vous l’aurezcompris, est chiant à mourir. Aucun intérêt. Seul Bruno donne une certainesubstance au bouquin, parce qu’au moins il cherche, lui, il essaie.
Le livre est également tartiné dephilosophie, d’Auguste Comte, d’Aldous Huxley, de Kant, de Nietzche… Et ontrouve aussi des passages scientifiques. J’étais prévenu : le bouquins’intitule Les particules élémentaires… Fallait pas s’attendre à unlivre de coloriage non plus. Le tout n’est pas inintéressant mais d’ici unesemaine j’aurai tout oublié, et je n’aurai pas envie de m’y remettre. Un seulWelbeck (ouais désolé mais il avait qu’à choisir un autre pseudo ! Fautpas oublier que je suis une grosse feignasse, moi !) me suffit largementpour ma culture générale. Quand il aura terminé sa dépression et distillé unshouïa de passion dans ses bouquins, j’espère qu’il me préviendra, que jepuisse me faire un deuxième avis.
J’ai quand même du mal à comprendrela polémique qu’il a suscité, ce type et ce bouquin. J’ai rien vu departiculièrement provocateur, choquant, insultant là-dedans… Bien sûr, il a osédire que l’Islam est une religion de cons (pas dans ce bouquin même si unpersonnage à un moment dit des choses assez similaires)… mais en même temps ila le droit de le dire et de le penser, même si c’est particulièrement et sansdoute volontairement maladroit. Il voulait qu’on parle de lui, ben c’est gagné.Il a eu droit à un beau procès pour lequel il a été acquitté. C’est comme pour«l’affaire Strauss Kahn et Guillon», si Strauss Kahn avait fait comme lesautres invités qui passent à la casserole de l’humoriste, à savoir fermer sa gueule,ça lui aurait évité de faire un bon coup de pub à Guillon, qui pourra désormaislui rouler une bonne paloche la prochaine fois qu’il le croisera.
En ce qui me concerne, je constateque je ne connais aucun musulman dépressif, ils ont tous un but dans leur vie, sontrelativement épanouis alors que ce pauvre Welbeck… De la jalousie,peut-être ? Oui, je pense qu’il aimerait être aussi «con» que lesmusulmans, du coup ça l’énerve. Enfin ce n’est que de la pure spéculation de mapart.
Pour résumer, mon avis est mitigé. Jeconseille ce bouquin aux dépressifs qui cherchent une ultime bonne raison de sefoutre en l’air : Les Particules élémentaires sur fond de Radioheadet c’est la défenestration quasi assurée. Je le conseille aussi aux enrhumésmais avec un petit bémol quand même : n’oubliez pas de vous mettre unbavoir si vous ne voulez pas souiller vos fringues ou votre lit avec votremorve ! Sinon, à défaut de mieux, par curiosité, pour la culture générale…