Je connais cette saga depuis très longtemps, et pourtant je n'ai acheté ce bouquin qu'il y a peu de temps. Il faut dire que les adaptations ciné et télé m'avaient franchement découragé: qu'est-ce que ça pouvait être ennuyeux... Je n'ai même pas su les regarder jusqu'au bout. Les personnages passaient leur temps à discuter et avec un jargon inventé en plus. En revanche, je garde des excellents souvenirs des adaptations en jeux vidéo. J'ai terminé Dune et Dune 2 avec acharnement et plaisir. C'était il y a longtemps, très longtemps. Et puis on m'a reparlé du livre avec engouement. Alors je me suis dit: pourquoi pas?
Et j'ai rudement bien fait! Herbert est véritablement un génie. J'imagine la difficulté de créer ainsi un univers complet et, en plus de ça, une intrigue aussi complexe et prennante.
Autant pour Le Seigneur des anneaux je trouve qu'il vaut mieux voir la trilogie en film plutôt que de la lire (ce qui, chez moi, est exceptionnel!), autant là le bouquin est incontournable.
Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, je vais tâcher de la résumer. L'univers est contrôlé par un Empereur, modéré par une sorte de Parlement. Plusieurs familles sont ses vassaux, dont les Harkonnen et les Atréïdes. Ces deux familles très différentes se haïssent profondément. Or, les Atréïdes doivent prendre la place des Harkonnen pour le contrôle d'une planète franchement inhospitalière mais stratégiquement primordiale: Arrakis, surnommée Dune en raison de la composition de son sol. Dune est une planète aride dont la faune et la flore sont quasi inexistants mais elle est peuplée par un des êtres mystérieux, les Fremen, et, surtout, elle est l'unique ressource dans l'univers d'une substance qu'on appelle "l'épice". Cette épice a des propriétés étonnantes dont la principale n'est rien moins que la prolongation de la vie de ceux qui en consomment. On comprend alors l'importance de cette planète... ainsi que les complots qui gravitent autour d'elle.
Les personnages principaux sont les Atréïdes et notamment le jeune Paul, fils du Duc, héritier en titre et potentiellement futur prophète. De par ses origines, son éducation et le contact avec l'épice, d'étranges pouvoirs vont se révéler en lui et changer ainsi le cours de l'Histoire...
Vous aurez compris que tout est fascinant dans cette histoire, on se prend au jeu des intrigues et du suspense dès les premières pages et il va falloir que je me procure rapidement la suite afin de connaître le destin du jeune Paul Atréïde...
C’est plus ou moins la suite de L’Evangile
du Serpent. Plus ou moins parce qu’il y est fait référence au nomadisme
mais ce n’est pas vraiment présenté comme une véritable révolution, plutôt
comme un non-événement. Je trouve ça un peu dommage mais c’est très subjectif.
L’Ange de l’abîme traite de
l’islamophobie en poussant les logiques ou passions jusqu’à l’extrême.
Malheureusement, le monde futur que Bordage nous présente est crédible. Oui il
est possible que dans un avenir proche on se retrouve avec deux blocs ennemis,
l’un islamiste et l’autre «chrétien», en partie à cause des Etats-Unis et de la
«politique» de Bush, qui sème du terrorisme loin de son propre territoire, se
foutant des conséquences de ses défaites sur le vieux continent. Oui, cela peut
tourner en conflit et oui ça en arrangerait clairement beaucoup que ce conflit
ait lieu, parce que lorsqu’on a un conflit externe on en oublie tous les
conflits internes, et puis en temps de guerre, tous les coups sont permis,
toutes les dictatures sont préconisées, tous les privilèges sont justifiés. Un
ennemi c’est tout de même bien pratique. Ça fait tout oublier.
Il y a donc quelque chose de Barjavel
dans les bouquins de Bordage, émancipation des mœurs en plus. Barjavel a un
style un peu enfantin qui n’est pas déplaisant mais tout de même assez
frustrant. Comme Werber, ses personnages sont assez caricaturaux, manquant
radicalement de personnalité. Ce n’est pas le cas chez Bordage donc à mon sens
ça le rend nettement supérieur à Barjavel. Reste à voir l’épreuve du temps,
voir si ses bouquins ont véritablement quelque chose de prophétique.
Dans tous les cas, ça reste
particulièrement agréable de suivre l’épopée de Pibe, gamin de 13 ans qui a
perdu toute sa famille d’un coup suite à l’explosion d’une bombe sur sa maison,
et Stef, gamine mystérieuse, un peu plus âgée qui lui apprendra à survivre et à
ne pas avoir peur dans un monde chaotique où les ennemis sont partout :
les SDF, les flics, l’armée, les gens qui essaient juste de survivre… Ils
traversent ainsi ensemble l’Europe de long en large, de la France à la
Roumanie, afin de rencontrer le monstre qui est à la tête de l’Europe, celui
qui refuse de gagner ou de perdre sa guerre contre les musulmans, celui qui
opprime tout un peuple au nom de Dieu.
Une magnifique métaphore filée des
guerres saintes actuelles menées par les Etats-Unis, les groupuscules
terroristes et les Israëliens.
J’ai lu ce roman il y a déjà quelques années. C’était ma
première uchronie et un très bon souvenir littéraire. Je vais donc en faire une
critique de mémoire.
Pour ceux qui l’ignoreraient, une uchronie est une branche de
la science fiction qui consiste à changer un «détail» de l’Histoire réelle et
d’imaginer tout ce que ce changement implique.
J’ai mis le mot «détail» entre guillemets parce que dans le
cas de Fatherland, ce détail est tout simplement la victoire totale de
l’Allemagne nazie…
L’histoire se passe donc les années 60 en Allemagne. On suit
l’enquête d’un inspecteur très bien modelé par l’éducation nazie mais un
tantinet trop curieux… A travers son regard le lecteur est donc amené à
découvrir ce qui aurait pu se passer si les américains ne nous avaient pas filé
un petit coup de main, avec notamment une technique de torture que je ne
connaissais pas du tout et qui est vraiment… particulièrement sadique.
Le livre est très bien écrit. Les personnages ne sont
absolument pas caricaturaux ou vides (façon Dan Brown). On se laisse porter par
l’histoire, hallucinante, édifiante. J’aime beaucoup les uchronies mais je ne
me sens pas capable d’en écrire parce que je ne suis pas suffisamment bon en
Histoire. Parce que là Robert Harris est visiblement très bon en Histoire. Son
récit est truffé de détails historiques, de descriptions intéressantes et son
univers est cohérent, très logique.
Bref, un excellent bouquin pour ceux qui aiment la
science fiction et l’Histoire, et qui auraient une certaine envie d’en savoir
plus sur le nazisme.