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Le blog d'un écrivain, Marc Anciel... | Bloguez.com

 A Rebours, de Huysmans

22/10/2009

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Je me suis rarement autant fait chier en lisant un bouquin… J’en ai lu pourtant des bouquins et des biens chiants par moments. Je suis plutôt bon public et quand il s’agit d’un classique je pense me montrer un minimum indulgent mais là… Non, vraiment je ne vois rien pour le sauver.

Qu’est-ce qui le rend donc aussi chiant ? Déjà, je n’appelle pas ça un roman. Il n’y a pas vraiment d’histoire, il ne se passe pratiquement rien (là je suis indulgent), c’est juste bien écrit et encore c’est parce que ça vient du XIXème siècle que je dis ça ! A Rebours, c’est juste une longue série de critiques, d’analyses, de recensions à propos de littérature, de peinture, de parfum, de gastronomie etc etc Bref c’est la même chose que ce blog, en plus court (encore heureux) et sans le moindre humour (j’y reviendrai à l’humour !). Différence primordiale : mon blog est contemporain et parle de sujets contemporains compréhensibles de tous (aujourd’hui mais probablement plus dans un siècle), Huysmans parle de sujet du XIXème siècle, pas forcément connus ou intéressants pour nous. Qu’il parle de Redon, de Zola, de Baudelaire, là ça va, on connait. C’est pas franchement intéressant mais on connait. Mais l’essentiel est constitué de sujets que je ne connais pas (malgré une certaine culture) et/ou dont je me fous pas mal.

Quant à l’humour… Le personnage principal est dépressif et s’emmerde à mourir. Il faut reconnaitre au moins ce talent à Huysmans : il sait communiquer aux lecteurs les émotions de ses personnages. Franchement il faut être à moitié dingue pour choisir un sujet pareil, non ? Inintéressant et déprimant. Une interminable crise existentielle… Ca peut être intéressant, remarque : Le Voyage au bout de la nuit, La Nausée toussa toussa c’est aussi de la crise existentielle, mais en moins chiant, en moins pédant, en plus intéressant.

En même temps j’aurais du me méfier. Un livre qui contient plus d’explications de texte que de texte alors que c’est une édition «normale» (pas une édition pour étudiants en lettres modernes quoi), y a anguille sous roche. Si dès le départ et à l’arrivée Huysmans a ainsi besoin d’aussi longues plaidoiries pour défendre son bouquin, c’est pas très normal. Ca veut dire au minimum que le texte ne se justifie pas par lui-même et que la pilule risque d’avoir du mal à passer. Cela dit, les plaidoiries en question sont plus intéressantes et moins chiantes à lire qu’A Rebours. Le lecteur averti peut aisément se contenter de lire les préfaces et notices et de laisser tomber le texte même, qui n’est finalement qu’un vilain noyau dans un fruit relativement mangeable. D’habitude c’est plutôt l’inverse mais il faut bien chambouler les habitudes.

Que dire de l’histoire, alors ? Hé bien c’est celle de Des Esseintes qui décide de s’établir à la campagne par mépris pour Paris et les gens, avec ses œuvres d’art, ses bouquins et ses domestiques. A force de solitude et d’ennui, il devient très vite dépressif et doit donc se contraindre à retourner à Paris et à réviser sa position concernant le catholicisme. Désolé de vous la raconter intégralement du début à la fin et en n’omettant pratiquement aucun détail, mais bon c’est pas l’histoire qui est importante, hein ? Ce qui est important c’est de passer à autre chose et d’oublier ce livre très vite !

Tags : a rebours huysmans xixeme xix roman depression nevrose critique existentialisme religion deprimant

Catégorie : Littérature générale

 Le journal d'un fou, de Nicolas Gogol

5/10/2009

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Je neeeeeeeeeee suis qu'un fouuuuuuuuuuuuuu, un fouuuuuuuuuuuu d'aaaaaaaaaaaamouuuuuuuuuuuuuur... Voilà la chanson que j'ai dans la tête depuis que j'ai commencé ce bouquin. Et pas la version originale, hein? la version Johnny/Lara Fabian. C'est dire si je suis content d'en finir!

Blague à part, j'appréhendais franchement la littérature russe. Jusque-là, je n'avais lu que La Mouette, de Tchékhov. C'est une excellente pièce de théâtre naturaliste, La Mouette, hein? "Si un jour tu as besoin de mon coeur, viens et prends-le". J'adore. Mais il m'a fallu un sacré moment pour m'y retrouver dans les personnages, et donc pour l'apprécier. Parce qu'ils n'ont pas des noms comme nous les russes. Y a une logique que je n'ai jamais comprise. Non seulement ils ont des noms difficilement prononçables quand on est habitué à des Jean Dupont mais en plus ils ont l'air d'en avoir plein, des noms, avec des diminutifs qui ne ressemblent pas à des diminutifs... Bref, il faut une initiation aux noms russes pour pouvoir suivre. Et comme je n'en ai jamais eu, j'avais peur.

Néanmoins, l'auteur, que je ne connaissais que de nom et de réputation, s'appelle Nicolas Gogol. Donc, déjà, ça va. Je ne risque pas trop de me taper la honte en le disant ou en l'écrivant. En plus, j'ai trouvé ce bouquin lors d'une brocante (bon plan les brocantes pour faire le plein de bouquins pour po cher) et le vendeur m'avait rassuré en me disant que ce n'était pas du bon gros russe bien lourd mais au contraire un livre plutôt humoristique et... drôle. Les russes peuvent écrire des livres humoristiques et être drôles???? Moi je pensais que l'humour russe se limitait à ça:

 


Ceci est un message de propagande à la russe...

 

Vous remarquerez que ce mec génial qui fait super bien du judo, qui serre la main comme personne et qui signe sans trembler... n'a visiblement pas l'habitude de sourire. Pour le bien de la Russie, faites un don: envoyez tous vos vieux DVD de Bourvil et De Funès au Kremlin, vous pourriez contribuer à faire du monde un monde meilleur.

Mais revenons à Gogol. J'étais donc rassuré mais sceptique malgré tout. Comme je suis curieux et en plus un ouf, un dingue, j'ai commencé ma série de bouquins par celui-là et... ben en fait c'est vrai que c'est amusant et agréable à lire.

Bon, c'est pas du Bukowski non plus, vous allez pas vous abimer les synus en lisant Le Journal d'un fou mais ça reste un divertissement agréable et intelligent (et plutôt court en plus). Et puis ça fait toujours classe d'avoir lu un auteur russe, justement à cause des préjugés précités.

Au début, quand même, je vous avouerai que je me suis pas senti rassuré en voyant une bonne grosse description d'une rue de saint Pétersbourg. C'est du XIXème siècle quand même et au XIXème sévissait un monstre digne de la mythologie grecque qu'on nomme toujours Balzac! Moi qui suis un grand littéraire et qui adore les difficultés, je n'ai jamais pu finir un Balzac, ou plus précisément: je n'ai jamais pu aller au bout de sa première interminable description. J'ai essayé avec plusieurs de ses bouquins mais non, vraiment, toute cette somme de détails c'est très joli et ça prouve indubitablement le perfectionnisme du bonhomme mais qu'est-ce que ça peut être chiant... Mais justement Gogol en joue: les longues descriptions à la mode semblent l'emmerder autant que nous et il établit une connivence avec son lecteur pour s'en moquer.

 

Sinon pour le sujet, en gros on peut dire que c'est du fantastique/absurde: l'histoire d'un homme qui perd son nez, d'un tableau maléfique (inspiration du Portrait de Dorian Gray?), d'un fantôme voleur de manteaux... Du grand n'importe quoi qui se passe toujours dans les rues étranges et fantasmatiques de la capitale russe de l'époque: Saint Pétersbourg. Critique de la ville, satyre sociale en plus, tournée à la rigolade... Ben j'aime bien pour finir.

Pas un chef d'oeuvre mais j'apprécie les idées, la tonalité générale, l'ambiance... A lire sans réticences, donc.

Tags : gogol russe journal fou delire manteau le nez critique la perspective nevski

Catégorie : Littérature générale

 Women, de Charles Bukowski

30/9/2009

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Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu de Bukowski. Il faut dire qu'à haute dose, ce n'est pas très conseillé pour la santé mentale. J'étais donc enthousiaste en commençant ce roman, cette autofiction où Bukowski nous raconte sa vie qui se résume à sa consommation d'alcool, de drogues et de femmes...

 

Ses bouquins sont toujours jouissifs, dotés d'un humour ultra gras franchement irrésistible qui colle bien avec ma propre mentalité. Buk est unique et il a le sens de la citation comme le prouvent ces deux extraits:

"Quand je rencontre un homme qui habite un endroit soigné, je sais qu'il y a quelque chose qui cloche. Et si c'est trop soigné, c't un pédé."

"Les écrivains posent un problème. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit n'est jamais publié et qu'il n'a pas assez d'argent pour s'éditer à compte d'auteur, alors il se dit qu'il est vraiment génial. En fait, la vérité est qu'il y a très peu de génie."

 

Ce livre renferme donc de nombreux passages franchement jouissifs, drôles, décapants mais en même temps, malgré tout, je dois dire qu'au bout de 250 pages ça commençait à devenir répétitif et lourd. Au début, on a l'effet de surprise, l'enthousiasme et puis au bout d'un moment, Buk commence à vieillir, à s'épuiser. C'est étrange de se dire qu'une vie pareille finit par devenir une routine.

Le défaut majeur, d'après moi, est l'absence d'histoire. C'est totalement linéaire, un enchainement de scènes de vie. Le bouquin finit comme il a commencé.

Quant au style, c'est épuré, sans la moindre emphase, pas un mot plus haut que l'autre. Bien sûr, au début, on l'aime cet écrivain dépressif et alcoolique, mais au bout d'un moment, malgré les éclairs de génie, malgré les passages cultes qui sauvent le bouquin, on finit par se lasser.

Autre défaut: les innombrables coquilles et une traduction qui me semble douteuse, sans avoir lu l'original. Parce que "- Tu as de la merde? - Ouais, je vais en rouler un." à mon avis, à la place de "merde" il aurait été mieux avisé de laisser "chit". Pour les coquilles, un nombre incalculable de "l" remplacés par des "t" ou par des "!". Au lieu de lire "ma" ou "mon" on lit "ton" ou "ta" et ça casse complètement la lecture, on sort du bouquin; bref extrêmement désagréable!

Heureusement, j'ai appris que le Diable Vauvert allait rééditer les bouquins de Buk. Ouf! Enfin des pros amateurs du travail bien fait pour nous sauver notre poète!

 

Au final, Women est un livre à lire, pas un chef d'oeuvre, juste de quoi avoir le sourire pendant quelques jours, il reste nettement inférieur aux bouquins de Welsh, qui maitrise bien mieux la littérature et le sujet.

Tags : wome buk bukowski chinaski roman femmes trash poete americain

Catégorie : Littérature générale
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