Les Diaboliques, de Barbey d'Aurevilly
18/8/2009

C'est l'illustration de la couverture qui m'a séduit. Malheureusement, je n'ai pas réussi à la trouver pour vous la montrer mais on y voit un visage féminin incroyablement bien peint et mis en valeur par une chevelure et des vêtements baclés. J'ai longtemps contemplé ce détail d'un tableau de Von Stück avant de l'ouvrir. Subjugué par ce visage.
Je ne connaissais l'auteur que de nom, n'ayant jamais eu l'occasion de l'étudier au cours de mes études, je n'ai fait que le croiser lorsqu'on étudiait tel auteur du XIXème. C'est dommage mais après tout on ne peut pas étudier tout et tout le monde.
C'est dommage parce que ce livre est fascinant, comme sa nouvelle illustration. Bien sûr il souffre de certains défauts purement subjectifs parce que d'autres considéreront sans mal que ce sont des qualités. D'ailleurs c'est un défaut du siècle, ces interminables descriptions qui retardent considérablement l'arrivée de l'histoire. Ainsi, Barbey commence toujours par nous faire une description du personnage principal, de son caractère, avant de nous faire la description de sa diabolique, plus courte puis de nous raconter l'interraction entre ces deux personnes. Dans un sens, c'est bien et on ne peut qu'admirer cet art de la description, si fine, si précise mais d'un autre côté... c'est trop. Trop de détails inutiles, de digressions.
Heureusement les personnages sont intéressants, voire fascinants pour les diaboliques. Barbey sait nous les rendre si vivantes, si crédibles, si réelles qu'on croit y reconnaitre des femmes, ou des filles qu'on a connu. J'irai même jusqu'à dire qu'il nous donne envie de les voir, de les rencontrer, de les connaitre, de les aimer, de les prendre dans nos bras pour ne pas dire plus, ces femmes. Et ces descriptions qui m'ont aidé à dormir n'y sont probablement pas étrangères, soyons honnêtes. Peut-être n'était-ce que de la frustration de pénétrer plus en avant ces personnages (oui, oui, il y a un sous-entendu salace) et leur histoire, de l'impatience bien naturelle face à un type qui nous vante le plat qu'il nous a concocté en nous donnant l'origine exacte de chaque ingrédient et l'alchimie qu'ils opèrent entre eux.
Alors je lui pardonne et ne saurai que trop vous conseiller cet admirable livre qui mériterait d'être plus souvent étudié au lycée et à la fac.
La seule nouvelle (oui, j'ai oublié de préciser qu'ils s'agissait de nouvelles) qui m'a un peu déçu est celle sur Don Juan qui tient plus de la farce, de la bonne blague que les autres. En revanche, la première, Le Rideau cramoisi, et la dernière, La Vengeance d'une femme, sont absolument magistrales.
A lire impérativement avant de mourir, donc.
Tags : diaboliques barbey d aurevilly nouvelles xixeme critique
Catégorie : Littérature générale
Sommaire
12/5/2009
Bienvenue sur le laboratoire d'expérimentations littéraire de Marc Anciel, un écrivain qui aime lire et donner son avis souvent tranché et ironique voire sarcastique sur à peu près tout et notamment les assez nombreux bouquins qu'il lit. Tout n'est heureusement pas à prendre au sérieux, ce sont bien souvent des expérimentations...
Afin de faciliter votre visite sur ce vaste blog, voici un premier sommaire, par catégories, qui vous amènera sur des sous-sommaires où vous pourrez choisir les articles qui vous intéressent. Il vous suffit de cliquer sur les titres:
La Guerre sainteMon roman en cours d'écriture, fortement déconseillé aux moins de 18 ans. Vous trouverez les 5 premiers chapitres encore à l'état de brouillon, l'histoire de l'histoire et quelques trucs persos.
Aide aux écrivains Quelques livres indispensables pour tout écrivain s'il veut trouver un bon éditeur et s'éviter des procès.
Critiques littéraires: Comme son nom l'indique, une partie des bouquins que j'ai eu l'occasion de lire et que j'ai aimé, adoré... ou détesté. Si vous voulez la critique d'un livre en particulier, n'hésitez pas à me le demander. - Littérature générale - Science fiction - Thriller- Théâtre- Philosophie- Littérature spirituelle Critiques de films Je ne vais plus très souvent au cinéma qui produit à mon sens trop de merdes à la chaîne mais parfois ça m'arrive quand même, ce qui me donne l'occasion de vous raconter un peu ça...
Critiques politiques Parce que je suis engagé et que j'aime lancer des débats, voire des polémiques.
Critiques de séries télés Elles sont peu nombreuses parce que j'ai du mal à supporter la télévision mais si vous voulez me proposer une série pour que je vous donne mon avis, allez-y.
Critiques jeux vidéo Je ne suis pas non plus un grand joueur mais de temps en temps j'ai bien un ptit coup de gueule ou de coeur.
Critiques diverses Pas mal de sujets qui ne rentrent dans aucune catégorie pré-citée. C'est souvent du grand n'importe quoi...
Mes oeuvres Quelques uns de mes gribouillages qui ont eu l'honneur d'être publiés.
Conneries Parce qu'il faut bien se détendre un peu de temps en temps, non?
Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez vous procurer ma pièce de théâtre traitant de la tolérance, des discriminations tout ça tout ça sur Alapage, Chapitre.com et sur le site (<--- faut cliquer là donc! ^^) pour le modeste prix de 12€ (pour les 2 premiers, ce sera long mais un shouïa moins cher et sur le site c'est plus rapide mais faudra payer les frais de ports). Et pour les oufs qui voudraient faire plus ample connaissance avec moi, voici mon Profil Facebook.
Bon voyage sur mon blog!
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Catégorie : Annonces
Extasy d'Irvine Welsh
1/7/2008

Dans la série des bouquins jouissivement dégueulasses, je crois que j'ai trouvé le summum... Etait-il possible de faire pire que Trainspotting, pire que Bukowski? La réponse est oui, c'est possible, mais franchement pas facile!!! Et pourtant... C'aurait pu n'être qu'un sale délire de gosse adulte, du trash pour du trash, mais non, même pas, derrière tout ça il y a de la revendication politique, de la détresse sociale, de la philosophie poussée. Chez Welsh, il n'y a pas de gentils, que des méchants, des pourris, des égoïstes et les pires sont les victimes, ceux qui se cachent derrière des sourires angéliques ou des souffrances abominables. Il y a les salauds de riches et les enculés de pauvres. Là où c'est jouissif c'est que Welsh va chercher nos pires penchants, nos pires désirs refoulés au plus profond de nous-mêmes, toute cette rage latente, ce désir de vengeance; et tout ça prend corps dans des histoires d'un réalisme abject. Parce que oui c'est tellement monstrueux que c'en est crédible; c'est ça la réalité!! Une réalité intérieure parfois, qui sonne comme ces contes qu'on narre aux enfants, avec des monstres et des gentils qui sont autant de symboles des parents, des angoisses, de la vie... Et comme les contes, ça se termine en happy end!! Les méchants qui n'ont pas de justification à leur méchanceté sont implacablement châtiés par les faux gentils. Je parlais des contes pour enfants et effectivement on peut voir ce bouquin comme un correctif pour ces contes (et d'ailleurs les références y sont à peine masquées). On y voit des gentilles filles sages laisser tomber le Prince charmant pour aller se défoncer le crâne et le cul, voire même envoyer le Prince charmant se taper l'anus d'un mouton... Purement immoral mais tellement jouissif. La société a évolué, les femmes se sont libérées, la religion s'en est pris plein la gueule; le Prince charmant n'a plus de cheval blanc et si on veut voir du cheval blanc on a intérêt à sévèrement se murger la gueule et se mettre au LSD pour éviter le désenchantement. Et en plus c'est magistralement bien écrit et bien pensé... J'appelle ça un chef d'oeuvre et Beigbedder avec ses Nouvelles sous extasy (probablement pompé à Welsh) peut aller se rhabiller. Il lui manque le style, l'expérience, l'intelligence et la sincérité; bref: le talent!
Alors que nous raconte Welsh? D'abord, une première histoire qui met en scène une romancière à l'eau de rose qui ouvre les yeux sur sa vie merdique et son trou du cul, pervers hypocrite de Prince charmant, ce qui va l'amener à changer radicalement de style d'écriture pour donner dans la zoophilie. (histoire qui permet à Welsh de justifier subtilement son oeuvre) Ensuite, l'histoire d'un couple de terroristes sans bras, et d'un hooligan en quête d'amour, du vrai, mais abruti comme pas deux. Et pour finir deux paumés de la life, en quête d'identité et de sens pour leurs vies, qui vont se retrouver dans la symbiose que procure la drogue...
En résumé, un livre monstrueux qu'il faut absolument lire et posséder pour pas mourir totalement con. Personnellement un de mes livres préférés, sinon MON livre préféré.Tags : extasy irvine welsh genial nouvelles social drogues perversite critique genial auteur trainspotting
Catégorie : Littérature générale
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